Têtue, moi ?

Publié le par Malgven

   Et puis un jour, on ose relever la tête. Enfin, pour moi, cela s'est traduit comme cela : j'ai commencé à arpenter la vie en ne contemplant plus le sol, courbée que j'étais sous le poids de mon encombrant boulet, mais redressée, regardant les autres dans les yeux, et l'horizon vers lequel j'allais...

    J'ai cessé de toujours vouloir disparaître aux yeux des autres, d'avoir peur des remarques cinglant une quelconque marque d'originalité. J'ai parfois marché dans la rue le sourire aux lèvres et bouillonnant d'une joie incompressible, le nez en l'air pour regarder les fenêtres et le ciel. Ce que l'on ne voit jamais de la ville. De ma fenêtre à moi je regardais les gens ; pas un ne levait le regard.

   J'ai voulu choisir mon chemin, et personne ne m'en a empêchée. Il faut dire que j'ai suivi le chemin de la raison, comme toujours, les études, « un bon travail ». Mais j'ai appris à décider seule, à me demander ce que je faisais là avant de trouver qu'en fait ce n'est pas la bonne question. Je suis bien, là, mais quel étrange chemin finalement, qui s'en serait douté ?

   Débarrassée petit à petit de la timidité, je me retrouve plus tard, avec un avenir encore flou et un présent dans lequel je suis en attente. De nouveau on veut me dire ce que je devrais faire et ce qui serait bien pour moi. Mais depuis que j'ai redressé la tête, je n'en fais qu'à la mienne !

 

Participation au sablier du printemps, amorce 8 choisie de nouveau par Agaagla ; le billet original a été écrit par Traou : "Histoire du corps (Tome 3)".

   J'ai un grave problème d'orthographe : « personne ne m'en a empêchée » me paraît faux, mais je n'ai pas de livre de grammaire sous la main...

Commenter cet article