Confidences sur conférence

Publié le par Malgven

   Certains soirs, pour faire mon intéressant, il m'est arrivé de monter sur une chaise, de me draper dans un torchon à carreaux et de déclamer une poignée de vers avec des accès de lyrisme proportionnels à mon taux d'alcoolémie. Il s'agissait de l'extrait suivant : « C'est pas marqué dans les livres / Le plus important à vivre / C'est de vivre au jour le jour / Le temps c'est de l'amour ». Et oui, on a l'inspiration qu'on peut à ces heures imbibées. Je prenais la posture adéquate, un genou légèrement plié et l'index mollement tendu, dans le plus pur syle d'une statue d'empereur romain.

- Excuse-moi mais là comme ça j'ai du mal à t'imaginer en situation, répondis-je à mon collègue R. Et je ne vois pas comment ce genre d'expérience peut t'aider lors de tes interventions en public...

- Je ne sais pas si ça m'aide vraiment, mais lorsque je commence une conférence j'ai toujours un sourire, en fait je me prends à penser que je me drape dans un torchon à carreaux, et que ce que j'ai à dire, finalement, n'est que le refrain d'une chanson."

Je souris à mon tour devant son air rêveur :

"Comme quoi, tout est dans le costume. Moi ça m'aide pour monter sur scène ! Et puis prendre la peau d'un autre...

- Exactement. Enfin pour le torchon, je me retiens quand même.

- Je ne te regarderai plus discourir de la même manière à présent. "

Et voilà pourquoi hier soir notre grand conférencier, à la surprise générale, nous a présenté ses travaux vêtu d'une toge.

Voici ma médiocre participation (ouh j'ai honte mais quelle idée aussi d'écrire à sept heures du matin) au sablier du printemps, amorce 5 choisie par Alexandre. L'amorce est cette fois-ci le début du billet "Réhabilitons un grand auteur" de M. Le Chieur.

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