Fille de l'eau ?

Publié le par Malgven

   Il est trois heures du matin, je n'arrive pas à dormir. J'entends le bruit de la mer, des vagues qui s'écrasent contre la falaise en soupirant, en rongeant de leurs larmes les pierres insensibles. Dehors la terre est immobile et dort sous un épais manteau de neige alors que je suis attaquée par cette houle plaintive et magnifique. Je dérive, je suis de retour là-bas, j'appuie mon corps contre le vent et les vagues fluent et refluent avec lenteur et fracas. Les pierres résistent et mes pensées se brisent contre les parois-rochers de mon crâne, je me dilue doucement dans ces sons soudain si familiers. Une violente envie de retourner sur cette falaise un soir de grande marée, mon lien avec l'eau resserré, vivre là. J'ai pourtant fait un choix contraire. J'ai choisi l'homme et j'ai reçu son pays en héritage, alors j'ai juste arrêté de dire (de penser) je pourrais partir. Et en fait ça ne change presque rien. Presque.

Participation au sablier du printemps, amorce 3. Amorce tirée du blog La sexualité des araignées, billet "Au bord de la mer", et proposée par Otir.

Commenter cet article