Regrets

Publié le par Malgven

   Jeudi dernier, dans l'après-midi j'ai reçu l'appel d'une jeune femme en pleurs qui me disait que c'était pour une urgence, « une grosse urgence », pour son chat. Je l'attends, en me disant que j'aurais quand même dû essayer d'en savoir plus, histoire de pouvoir préparer le matériel. Je vois arriver une petite minette siamoise de deux ans avec un morceau de fil de fer barbelé pris dans la peau. La peau est déchirée et décollée sur une grande surface, on voit les muscles abdominaux et ceux des cuisses, heureusement intacts. La minette est rentrée chez elle dans cet état-là, on s'aperçoit alors avec l'assistante que le fil de fer a été coupé à l'aide d'une pince coupante pour libérer la chatte, qui s'est déchirée à ce point en se débattant.

   Un peu plus tard, après quelques injections et en laissant passer l'état de choc, c'est opération nettoyage (comme pour les chiens blessés par des sangliers voire pire : de la terre des cailloux des poils...) puis suture, ça tire je suppose qu'un morceau de peau est resté en route. Vu le décollement je crains la nécrose (mort de la peau qui n'est plus nourrie).

   S'ensuivent deux jours d'hospitalisation (la minette ne peut pas se tenir debout) dont un sous morphine. La minette est adorable, la première chose que je fais le matin et la dernière le soir c'est aller la voir. Puis la minette rentre chez elle, où elle se déplace et elle mange. Lundi, contrôle : la peau cartonne, la minette a 40°C de température... et les gens qui n'en peuvent plus de la voir souffrir décident de l'euthanasier. Je ne travaillais pas lundi, je n'ai pas vu tout ça. Je sais que ma chef l'a hospitalisée gratuitement, qu'elle voulait réintervenir, nettoyer la plaie. Que même si ce n'était pas gagné la minette avait sans doute passé le plus dur. - soupir -

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