Dans le noir

Publié le par Malgven

   Quand il m'arrive de me lever la nuit, j'aime bien rester dans le noir et mesurer autrement les dimensions de l'appartement. Finalement je ne me cogne pas plus qu'en plein jour - et oui mes épaules et mes hanches rencontrent régulièrement les encadrures de porte lors d'empressements trop vifs, vous pouvez vous moquer. Rien n'est plus familier, les distances s'allongent, je suis de nouveau surprise par l'environnement quotidien qui perd de sa réalité, de sa précision. Ce qui m'entoure n'est plus défini par mon regard mais par ma mémoire et mon toucher. Un clair de lune  parfois fait réapparaître les reliefs sans agression, sans changement brutal d'état. Je change de point de vue et ce n'est pas si fréquent, je regarde à nouveau le si habituel. Si Ruz m'entend me lever, systématiquement il me demande si je veux qu'il allume et systématiquement je lui réponds que non, parfois il allume quand même. Mais ce n'est pas pour ne pas le déranger que je refuse (enfin pas que) c'est égoïstement pour marcher dans le noir.
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