De l'écriture

Publié le par Malgven

   Il me souvient avoir rempli des pages de Times ou de Garamond, des rapports de stage, et, plus joliment, des paragraphes exotiques au temps où j'aimais écrire.
   Je n'écris plus. Sauf ici. J'aime pourtant relire mes courts écrits puisque ces histoires sont mes rêves éveillés, les plus magnifiques et les plus aboutis de mes rêves. Ceux que j'ai finis par mettre en mots. Mais je ne rêve plus (ou peu) depuis que ma vie a pris un chemin un peu plus défini, depuis que le champ des possibles s'est restreint ; depuis que ma vie est plus pleine. Je ne rêve plus, alors comment pourrais-je écrire ? Sous contrainte peut-être. Ou en me retrouvant sans internet par exemple, comme cet après-midi, où je me suis retrouvée bien dépourvue, n'ayant qu'un seul rendez-vous à 19h20. 19h20 ! 
   Pour ma thèse puis ce blog je me suis mise à écrire directement sur ordinateur. J'ai pourtant toujours des envies de papier. Il faudrait reprendre une correspondance manuscrite - que j'aimais l'écriture de mon ami breton, lui qui très vite a rendu électroniques nos échanges. Je n'avais pas d'ordinateur, j'imprimais nos mails et les effaçais. Me revient aussi la belle écriture de mon homonyme, elle qui me fut si chère.

   Que ce soit sur papier ou sur écran j'aime couvrir l'espace de mots. J'aime l'action d'écrire et contempler le résultat, un peu. Mes mots. Une sorte de satisfaction, toujours, à regarder les lignes écrites, les pages pleines.
   Je ne sais que raconter des ambiances, des sensations, pas construire une histoire. En ce moment m'habitent les chaleurs de quelques étés de mon enfance, des pierres brûlantes et une forêt de pins, la vie en sandales. Nuits sous la tente, il fait trop chaud, les moustiques et la citronnelle, la poussière des terres arides. La mer aussi, la mer surtout. On ne s'ennuie jamais, on saute dans les vagues et parfois les incendies menacent. On mange de la fougasse et des omelettes cuites sur le petit réchaud, à part les glaces en fait j'ai oublié complètement ce qu'on mange. Si bien sûr les crêpes en Bretagne, parfois réchauffées. Et du melon qui embaume la glacière, des pêches et des brugnons qui coulent et collent. Il n'y a qu'à retourner dans l'eau, la vie pour un temps est si facile.

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