Ay Venezuela !
Le séjour de mes parents en Amérique du Sud a suffi à peupler leur imaginaire pour au moins trente ans, et il a ensemencé le mien depuis ma naissance. Enfin cette fois ça y est, après tant de préparatifs les contes et les rêves vont pouvoir se confronter à la réalité. (Fugitivement dans mon esprit passe ce que je fuis, ce que j'abandonne ; mais il n'est plus temps.)
Je tourne en rond je piétine, j'attends mon petit frère qui doit m'emmener à l'aéroport. Les coréens, ils n'ont pas la même philosophie que nos vieux grecs, qui pensaient que le désir était souffrance. Moi je suis déjà partie dans ma tête, je me sens vivante dans cette effervescence fiévreuse que je crée autour de moi. Je suis un peu ici, un peu dans l'avion, beaucoup dans l'eau de La Puerta, juste après le balneario Mira Flores. J'ai envie de rugir, d'éclater de rire comme c'est bon ! Les bagages les papiers tout ça je n'y pense presque plus, ils sont dans le couloir derrière la porte prêts à être embarqués. Comme moi. Enfin sauf que je me force à rester assise devant cet écran, pour ne pas sauter à travers la pièce et... on sonne à la porte. Youhou ça y est pour de vrai je suis partie !
Participation jubilatoire au sablier du printemps, amorce 6 choisie par Alexandre, début du billet "Ciao boulot" de Chondre.