Biographie (carrément)
Il fut un temps où je ne me posais pas trop de questions. Enfin... évidemment cette phrase est fausse, je me posais des questions, beaucoup. Mais pas trop sur le sens de la vie, et les trucs dans le genre. De là à dire que je me laissais vivre, n'exagérons rien. J'ai juste eu une enfance heureuse, pendant laquelle on m'a laissée être un enfant.
Quand il a fallu faire plus de devoirs, je me suis mise petit à petit, au fur et à mesure que la charge de travail augmentait, à beaucoup aimer les vacances. L'école m'intéressait, j'étais consciencieuse et j'avais des copines. L'adolescence, oui ça va, chez moi rien d'exceptionnel. Ni très jolie ni laide ni complexée, amoureuse de temps en temps sans oser l'avouer, quelques moqueries subies sans réel traumatisme, je lisais et je rêvais.
Et puis la prépa. C'est l'âge où les grandes questions pourraient se poser, mais on baisse la tête et on fonce. La deuxième année de temps en temps on relève la tête et on a tellement peur qu'on re-fonce. Boulot boulot boulot et puis on rigole bien quand même, les problèmes existentiels on n'a pas le temps.
J'ai réussi le concours, ce fut l'euphorie. Au début tout du moins, les copains, la fête, on s'amusait, on ne travaillait pas trop. Et puis de nouveau ce fut je. Avec mon chat. J'ai rencontré d'autres gens, des amours espagnoles qui m'ont permis d'aller faire de la pique en Andalousie (gratis c'était un stage hein) et de regarder les Saints se promener. Jusqu'à ce que les questions ne se posent plus en espagnol. J'ai grandi un peu, j'ai choisi une direction... et j'ai rencontré Ruz, ce qui va aussi décider un peu de ma vie professionnelle.
Parce que ça y est. La vie active, enfin. Et une catastrophe. Oui c'est vrai j'exagère, mais je ne m'étendrai pas sur le sujet. La suite c'est mieux, professionnellement c'est même vraiment bien (sauf que je ne vois plus de vaches, on ne peut pas tout avoir, on va dire ça comme ça). Et les questions que j'ai régulièrement enfouies ressortent... En résumé : qu'est-ce que je fais là ? Je travaille, et c'est (presque) toute ma vie. Et je n'ai pas l'habitude ! Le but n'est pas de travailler moins, pas vraiment, mais de faire aussi autre chose. - Ruz, lui, travaille vraiment beaucoup, et lui il a l'habitude. -
Maintenant j'ai du temps, je ne suis plus à cent kilomètres de Ruz (premier objectif atteint, tout de même), et vivre toujours en attente ne me satisfait plus. Les questions ont leurs réponses parfois, et elles exigent. Je vais devoir passer à la voix active.
Ce billet, à la relecture, est évidemment nombriliste. J'assume, je publie.