Le jour où j'ai pris un coup de pied dans l'oeil, paroles sur la convention collective
Discussions ça et là sur notre convention collective qui régit le salariat vétérinaire. (Attention hors-sujet : j'ai d'ailleurs appris il y a peu que les médecins ne peuvent pas salarier un autre médecin sauf pour remplacement : il ne doit pas y avoir de rapport de hiérarchie entre médecins.) Cette convention est un cadre, certes, qui évite les excès. Mais elle ne satisfait ni salariés ni employeurs. Côté salarié, on s'aperçoit que les employeurs se basent désormais sur le minimum de la convention collective alors qu'ils payaient plutôt un peu plus dans l'ensemble, et c'est rentable quand il n'y a pas d'astreintes. Ça y est le mot est lâché. Côté employeur c'est là le souci : j'ai effectué des remplas en canine avec des astreintes extrêmement peu dérangées mais payées. Du coup j'avais un salaire correct, et je coûtais cher à mon employeur. Je suppose que le système fonctionne mieux lorsqu'on est plus dérangé, quoique. Côté salarié c'est au moment de la déclaration d'impôt que l'on se rend compte que les heures de garde (travaillées donc) ne sont pas des heures sup, elles ne sont pas exonérées. Aïe. - Enfin moi si j'ai eu droit à des heures sup exonérées, il a bien fait les choses ce monsieur que j'ai remplacé. -
Modérons cette dernière remarque : on paye beaucoup d'impôts quand on gagne beaucoup d'argent, et même si je n'ai pas sauté de joie la première fois que j'ai payé mes impôts, je suis bien contente que les routes et les voies ferrées soient entretenues par l'Etat, que l'école publique m'ait formée (même si on dit sans cesse que l'école va mal) que l'hôpital m'ait raccomodé mon bras (même si la santé aussi va mal mais quel gouvernement...) etc etc. Reste le cas de Silence qui a embauché quelqu'un pour faire ce dont elle n'avait plus le temps de s'occuper, et qui déchante au moment de sa déclaration d'impôts. Je ne connais pas les détails, en gros peut-être qu'on préfèrerait travailler moins pour gagner moins, ce que je mets moi-même actuellement et admirablement en pratique sans que ce soit vraiment voulu quand même.
Reste le statut de collaborateur libéral, que je connais mal mais qui je pense résout certaines choses, à condition de bien se mettre d'accord au départ et de savoir pour quoi on signe.
Moi j'ai juste subi un patron qui disait "vous qui avez la chance de ne faire que trente-cinq heures" ah oui bien sûr... C'est vrai j'avais un jour de congé par semaine. Et une garde sur trois. Et parfois des journées de treize heures comme tout véto, y compris ce fameux jour où un broutard sympathique* a manqué m'assommer alors que debout au milieu de l'arène je tentais de le vacciner (ce fut mon seul fait d'armes ou presque). Je suis allée me faire recoudre (deux points hein c'était pas grand chose) ça m'a fait une pause je m'étais arrêtée dix minutes depuis le matin et puis j'ai terminé ma journée, vers neuf heures il me semble. Bon la ptite dame qui m'attendait pour des prises de sang m'a bien dit en me voyant arriver - je devais virer doucement au bleu - que ça pouvait attendre le lendemain, mais alors c'était bien la peine de dire au téléphone que c'était urgent. Et puis maintenant que j'étais là...
Le lendemain j'étais toute seule, j'ai fait la même journée. Sans pause coup de pied. Mais je n'ai pas été réveillée la nuit, de quoi est-ce que je me plains ?
Heureusement qu'on avait fini par retrouver mes lunettes dans le fumier.
*bovin mâle de neuf mois et environ 450 kg, assez souple pour lever haut la patte...