Brouillard, nausées et Don Quichotte
Les samedis après-midi au boulot sont souvent soporifiques. Personne ne vient en week-end ici, ils se tirent tous ! Remarque, ce matin comme souvent il faisait beau chez moi et j'ai plongé dans le brouillard pour venir travailler, forcément, il vaut mieux monter pour se promener.
Moi de temps en temps j'aime bien le brouillard, plonger dans un monde cotonneux et flou aux aspérités émoussées, aux perspectives effacées, aux horizons disparus. Reste que je n'aime pas conduire de nuit dans le brouillard, ou marcher en montagne sans jamais rien y voir (et en manquant se perdre). Quant aux semaines entières ouatées de blanc... je comprends que ça sape le moral ! Mais ce matin après avoir goûté le lever de soleil dans un ciel bleu et rose sur les prés blancs de givre, je suis descendue à flanc de montagne dans le blanc étouffé, seules quelques silhouettes d'arbres nus se détachaient sur le vide. Je profite de ça aussi, comme de ces nuits si longues de novembre (et accessoirement je m'inquiète pour mon avenir).
Quant aux nausées du titre, en vrac cette semaine :
Propos homophobes non sanctionnés (voire allusion émétisante aux pédophiles).
Quelques mots d'Eva Joly sur France inter, toute la richesse qui passe sous le nez des pays émergents grâce aux paradis fiscaux. Une chose dont je ne savais rien.
La crise dont on entend parler sans en subir encore les conséquences, pas d'inquiétude ça va venir, et ça va durer dix ans. Que d'espoir !
Mais cette semaine il y a aussi eu un spectacle jeudi soir, "Don Quichotte ou les invincibles", avec Erri de Luca (écrivain), Gianmaria Testa (chanteur) et Gabriele Mirabassi (clarinettiste). Un spectacle original et qui permet de respirer un peu ; une alternance de textes, de poèmes et de chansons. Ce fut un très bon moment, entre rire et émotion. Les invincibles ici ne sont pas ceux qui remportent les batailles, mais ceux qui, comme Don Quichotte, même après une défaite sont toujours prêts à mener la bataille suivante, ceux qui ne peuvent être vaincus définitivement puisqu'ils se relèvent toujours.
L'écrivain et le chanteur nous parlent, se parlent, ils ont l'accent italien et une belle présence. Les chants sont en italien mais ils nous les traduisent un peu, leurs voix sont belles et on se laisse prendre. Je retiendrai entre autres une définition touchante de l'indifférence (ou comment ne pas toujours rester spectateur de la réalité) ; un très bel "éloge du pied" d'Erri de Luca, l'image d'une sandale d'enfant juif au musée d'Auschwitz et celle d'une poétesse devant une prison. J'aimerais avoir les textes que l'on a entendus ce soir-là.
Moi de temps en temps j'aime bien le brouillard, plonger dans un monde cotonneux et flou aux aspérités émoussées, aux perspectives effacées, aux horizons disparus. Reste que je n'aime pas conduire de nuit dans le brouillard, ou marcher en montagne sans jamais rien y voir (et en manquant se perdre). Quant aux semaines entières ouatées de blanc... je comprends que ça sape le moral ! Mais ce matin après avoir goûté le lever de soleil dans un ciel bleu et rose sur les prés blancs de givre, je suis descendue à flanc de montagne dans le blanc étouffé, seules quelques silhouettes d'arbres nus se détachaient sur le vide. Je profite de ça aussi, comme de ces nuits si longues de novembre (et accessoirement je m'inquiète pour mon avenir).
Quant aux nausées du titre, en vrac cette semaine :
Propos homophobes non sanctionnés (voire allusion émétisante aux pédophiles).
Quelques mots d'Eva Joly sur France inter, toute la richesse qui passe sous le nez des pays émergents grâce aux paradis fiscaux. Une chose dont je ne savais rien.
La crise dont on entend parler sans en subir encore les conséquences, pas d'inquiétude ça va venir, et ça va durer dix ans. Que d'espoir !
Mais cette semaine il y a aussi eu un spectacle jeudi soir, "Don Quichotte ou les invincibles", avec Erri de Luca (écrivain), Gianmaria Testa (chanteur) et Gabriele Mirabassi (clarinettiste). Un spectacle original et qui permet de respirer un peu ; une alternance de textes, de poèmes et de chansons. Ce fut un très bon moment, entre rire et émotion. Les invincibles ici ne sont pas ceux qui remportent les batailles, mais ceux qui, comme Don Quichotte, même après une défaite sont toujours prêts à mener la bataille suivante, ceux qui ne peuvent être vaincus définitivement puisqu'ils se relèvent toujours.
L'écrivain et le chanteur nous parlent, se parlent, ils ont l'accent italien et une belle présence. Les chants sont en italien mais ils nous les traduisent un peu, leurs voix sont belles et on se laisse prendre. Je retiendrai entre autres une définition touchante de l'indifférence (ou comment ne pas toujours rester spectateur de la réalité) ; un très bel "éloge du pied" d'Erri de Luca, l'image d'une sandale d'enfant juif au musée d'Auschwitz et celle d'une poétesse devant une prison. J'aimerais avoir les textes que l'on a entendus ce soir-là.
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