Sale bête
Je n'ai que très peu parlé ici de ma petite minette, que j'appelle si affectueusement sale bête. Parler des moments partagés avec elle c'est à la fois un peu trop intime et si terriblement banal. Alors j'évite.
Sale bête. J'en connais un que cela faisait rire, comme quand je la voyais dormir et que je la caressais en lui disant "c'est dur la vie". Il est parti comme se sont éloignés d'autres amis, elle est restée. Sept ans déjà. Elle m'a suivi dans tous mes déménagements (six appartements pour le moment), chez mes parents, mes grands-parents. Elle a adopté Ruz (et détruit ses murs). Elle dort au moins dix-huit heures par jour et reste contemplative le reste du temps - ça je l'ai déjà dit quelque part. Et parfois, parfois elle joue et je ris.
Sale bête. Elle a pourtant un nom officiel et exotique, que j'aime et que j'emploie aussi. Et puis on l'appelle aussi petit chat, entre nous.
Au fur et à mesure de ce billet je prends conscience d'une autre raison à ce silence relatif à propos de mon chat.
En effet je comprends très bien que tant de blogueurs parlent avec attendrissement de leur compagnon félin, celui avec lequel nous passons tant de temps finalement, celui qui nous accueille et nous recueille. Ils parlent de leur chat comme le font mes clients, qui me racontent les manies de leur compagnon et les rituels qu'ils ont établi avec lui, avec le plus souvent le sourire et parfois des larmes et à l'imparfait. J'écoute leurs anecdotes et leur en raconte quelques-unes, ils savent que je ne les jugerai pas comme pourraient le faire leur entourage. Je souris moi aussi.
Et je sais maintenant pourquoi ici elle tient si peu de place, ma sale bête.