Rêves éveillés

Publié le par Malgven

   J'ai déjà dû parler quelque part de mes rêves éveillés. Ces divagations délicieuses avant de s'endormir, qui maintenant occupent parfois mes trajets en voiture. J'éteins la radio et je pars. Adolescente je ne rêvais que de rencontres, de l'amour fou, de la passion. Je chorégraphiais soigneusement les scènes et refaisais d'innombrables fois les dialogues. Je m'arrêtais toujours au début de l'histoire, à la révélation la déclaration les premières étreintes. J'ai même un temps relié la fin de mes premiers flirts à mon incapacité à rêver plus loin. Plus loin que la rencontre, tenir la distance. Mais c'était sans doute plus simple que ça, ou plus compliqué : souvent ce que j'appelle "l'atterrissage". Juste quand la réalité nous rattrape, quand l'homme ne tient pas les promesses du rêve. Une désillusion en quelque sorte. Mais parfois, heureusement, la réalité est différente du rêve mais le vaut largement. Parfois la découverte de l'autre nous attache au lieu de nous détacher.

 

   J'ai aussi rêvé une vie idéale d'océan de soleil de sable et d'île lointaine. La rencontre y survenait mais ce rêve-là comportait beaucoup d'autres tableaux. Au commencement comme presque toujours une scène est survenue, elle m'a hantée et puis il a fallu trouver ce qui avait mené là. Construire la maison, inventer un chemin sous-marin et une source d'eau douce, et pour que le plaisir soit plus fort trouver un semblant de vraisemblance, des moyens de subsistance et des costumes. Un semblant suffit amplement, le but n'étant pas de retomber dans le quotidien bien au contraire.

   J'ai encore beaucoup rêvé de bateaux, de grands en petits voiliers, de simples traversées ou de vies à bord (mais sans mal de mer, pour ça l'imagination c'est pas mal).

 

  Alors même s'il ne faut pas toujours s'échapper, même s'il faut vivre aussi et se trouver bien dans sa vie, même si lire m'échappe aussi beaucoup, je continue à rêver.

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